Le New York Times élit le Muscadet de Michel Bregeon à la première place
Le Muscadet de Michel Bregeon élu meilleur Muscadet par le New York Times
L’article paru le 30 Aout 2010 dans le New York Times sous le titre: ” Freeing Muscadet From a Pigeonhole” par Eric Asimov.
Je vous retranscris pour partie et en anglais cet article ci-dessous; l’article original et complet se trouve ici (il suffit de devenir membre pour avoir accès à tous les articles du Journal, faut donner son e mail quoi, rapide, ca prend 5 secondes). J’ai à plusieurs reprises et longuement écrit sur Michel pour dire tout le bien que je pensais du bonhomme et de son travail, je ne peux que vous inviter à lire ces articles si ce n’est déjà fait pour mieux le connaitre.
Article tiré du New York Times du 30 Aout 2010
“The subject today is Muscadet, so let’s dispense with the obvious right away: oysters. Most people, if they know one important thing about Muscadet, know that oysters are its natural partner.True, true, true. Oysters and Muscadet are glorious together, the briny, mineral-laden quality of one enhancing the other. You could say the same thing, though, about Chablis, and about Sancerre, and if the issue may not be quite so cut and dried about blanc de blancs Champagne, who ever is going to complain about being saddled with oysters and blanc de blancs? The truth about Muscadet is that its virtues extend well beyond oysters. Many seafood dishes would go well with Muscadet, as well as light poultry preparations and pasta dishes, too, if you are willing to break the ethnic boundaries that channel so many wine choices.
Apart from food pairings, Muscadet is just plain delicious, providing you are open to what it does best. Muscadet, like Chablis and Sancerre, is not a gobs-of-fruit sort of wine. Yes, one can often sense citrus qualities in Muscadet. But more often, it is a stony, mineral sensation — felt as much as tasted — along with herbal, saline and floral aromas that characterize Muscadet. Texture, I think, is a vastly underrated quality in a wine, and texture is an essential quality of good Muscadet. It’s what impels you to take sip after sip, simply because it feels so good.For all of Muscadet’s assets, the best of all might be its price. Given the high quality of the top Muscadets, made by dedicated small producers, they are insanely cheap, rarely more than $20 for current vintages, and often less than $15. Finding the good ones is the problem. A lot of mediocre bulk wines in the marketplace have contributed to Muscadet’s reputation, in some circles, as dull, anonymous and overly lean.That’s why the wine panel is here, of course, to help identify the good ones. And in a tasting of 20 bottles of Muscadet from recent vintages, we found many wines we could happily recommend. Florence Fabricant and I were joined for the tasting by Pascaline Lepeltier, the wine director at Rouge Tomate on the East Side of Manhattan, and Byron Bates, a sommelier and consultant.
“Great to taste, great to drink, great to pair with food, at a great price,” said Pascaline, who, even if English is not her first language, showed an impressive grasp of sloganeering. She pretty much summed it up for all of us.
Muscadet is made on the western end of the Loire Valley from the melon grape, which can be rather thin and neutral. To give the wine added richness and texture, most good Muscadet producers allow the wine to rest for months on the lees, or sediment, that accumulate during fermentation. This process, indicated by the French “sur lie” on the label, softens the wine and gives it greater depth. It can also result in trapping a little carbon dioxide in the wine, which can give it a bit of sparkle. Not content with the sur lie treatment, some producers are doing even more, fermenting their wine in barrels, or stirring the lees as the wine rests, in the manner of many chardonnay and white Burgundy estates. Apparently, these producers are not using new oak barrels, as we did not find a problem with oaky wines. So far, I would have to judge these experiments as successful.
Our favorite was the 2008 Andre-Michel Bérgeon, which was fresh and tangy, qualities we prize in young Muscadets, and had the rich texture and pronounced mineral flavors that characterized our favorites. At $14, it was also our best value…“
Melon de Bourgogne – vendanges 2010
Petite aparté sur Guy…
et puis perso, j’adore sa conclusion…
“These are among the most important names in Muscadet. One name not in our tasting, but well worth seeking out, is Domaine de L’Écu by Guy Bossard, who offers multiple bottlings based on soil types…
All of the Muscadets that made our list offer plenty of pleasure, and rarely more so than when served with, you guessed it, oysters. As undeniably fine a pairing as that is, I urge you not to typecast Muscadet in the limited role of oyster wine. Imagine if Bogie were only permitted to play gangsters, or if Clint Eastwood had been stuck in westerns. Fun, yes, but we’d have missed out on an awful lot. Give a wine a chance to grow.”
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Comme tout le monde ne parle pas anglais, je vous fais une petite traduction (qui vaut ce qu’elle vaut) ci-dessous:
Libérer le Muscadet de son carcan (de ce à quoi il est généralement cantonné selon l’auteur, c’est à dire les huitres…)
Le sujet du jour est le Muscadet, passons rapidement sur l’accord évident et classique que sont les huîtres. La plupart des gens, s’ils savent quelque chose d’important au sujet de Muscadet, savent que les huîtres sont le partenaire idéal du Muscadet. Absolument vrai… Les huîtres et le Muscadet sont incontestablement un accord classique et réussi, la minéralité, les notes salines des deux produits se complétant et venant mettre entre valeur l’autre. On pourrait certes dire la même chose des vins de Chablis, de Sancerre et de ses environs ou d’un Champagne blanc de blancs; mais qui se plaindrait d’un accord huîtres/blanc de blancs ?
La vérité sur le Muscadet, c’est qu’il ne faut pas le confiner dans un accord met/vin avec des huîtres. Beaucoup de fruits de mer se marient avec le Muscadet, mais aussi des préparations à bas de volaille ou encore des plats de pâtes si vous êtes prêt à sortir des sentiers battus. Si vous êtes ouvert à ce qu’on fait de mieux, et en dehors des accords mets/vin classiques, le Muscadet est un vin tout simplement délicieux. Le Muscadet, comme le Chablis et le Sancerre, n’est pas un vin typiquement aromatique, style panier de de fruits. Certes, on retrouve souvent des arômes d’agrumes, et de citron notamment dans le Muscadet ,mais le plus souvent, on retrouve des notes de pierre, des notes minérales – tant au nez qu’en bouche – des notes d’herbes (séchées, coupées etc.), des notes salines et des notes florales (fleur blanches, aubépine, chèvrefeuille, jasmin etc.). La texture en bouche est, je pense, une qualité largement sous-estimée dans un vin, et cette texture est une des qualités essentielles d’un bon Muscadet. C’est ce que vous retrouvez, gorgée après gorgée, dans un bon Muscadet. De tous les avantages d’un bon Muscadet, le meilleur des arguments est peut-être son prix. Compte tenu de la qualité de la qualité de certains de ces Muscadet de haute volée, produits par de petits vignerons (il faut ici entendre, “par de petites structures”), ils sont incroyablement bon marché et rarement à plus de 20 $ pour les millésimes actuels, et plus généralement à moins de 15 $. Parmi toute la production, trouver LE bon Muscadet reste le problème. Un grand nombre de vins vendus en vrac au négoce et disponibles sur le marché sont simplement médiocres et sans aucun interet et ont contribué à la réputation du Muscadet. C’est la raison pour laquelle cette sélection a été effectuée afin de vous aider à identifier les bons producteurs. Dans cette dégustation de 20 bouteilles de Muscadet de millésimes récents, nous avons trouvé de nombreux vins que nous serions heureux de recommander. Florence Fabricant et moi même avons été rejoints pour la dégustation par Pascaline Lepeltier, le directeur de la “Tomate Rouge” sur l’East Side à Manhattan, et Byron Bates, un sommelier et consultant.
«Très agréable à déguster, très agréable à boire, superbe à marier avec des plats, à un prix on ne peut plus avantageux», a déclaré Pascaline, qui, même si l’anglais n’est pas sa langue maternelle, a montré une impressionnante maîtrise des slogans. Elle peu près tout résumer dans cette phrase ce que nous pensons tous.
Le Muscadet est produit à l’extrémité ouest de la vallée de la Loire à partir du cépage melon de Bourgogne, qui peut être plutôt fluet, neutre et sans interet. Pour donner au vin une richesse supplémentaire et de la texture, la plupart des bons producteurs de Muscadet pratiquent un élevage sur lies pendant de nombreux mois (les lies sont les résidus de levures (après fermentation alcoolique) qui sédiment dans le fond de la cuve et qui continuent de nourrir le vin). Cette technique d’élevage, indiquée sur l’étiquette par la mention “sur lies”, permet d’assouplir le vin, de lui apporter du gras et une plus grande profondeur. Cette technique permet aussi de piéger un peu de dioxyde de carbone dans le vin, ce qui lui procure ce petit côté “perlant” lors de l’attaque en bouche. En plus de l’élevage sur lies, certains producteurs font encore plus, fermentant leurs vins en fûts, ou en bâtonnant les lies à la manière des grands Chardonnay de Bourgogne. Apparemment, ces producteurs n’utilisent pas de fûts de chêne neuf, n’ayant trouvé dans notre dégustation aucun problème de vins boisés. On peut donc considérer la mise en œuvre de ces techniques comme une vraie réussite.
Notre Muscadet préféré à été celui de André-Michel Bergeon sur le millésime 2008, avec une bouche fraîche et vive, de la texture et des notes minérales marquées, qualités que nous recherchons sur les jeunes Muscadet et qui en fait notre coup de coeur. À 14 $, il a également été notre meilleur rapport qualité/prix.
Les producteurs présentés sont parmi les vignerons les plus émerites du vignoble du Muscadet. Un vigneron ne faisait pas partie de notre dégustation, mais vaut grandement la peine d’être recherché: le Domaine de L’Ecu de Guy Bossard qui offre de multiples cuvées de terroir vinifiés en fonction des types de sol (ndlr: Gneiss, Orthogneiss et Granite).
Tous les Muscadets composant notre liste offrent beaucoup de plaisir, et pas beaucoup plus que lorsqu’ils sont servis avec, vous l’aurez deviné, des huîtres. Je vous exhorte donc à ne pas cantonner le Muscadet dans le rôle unique et limité de “vin d’huîtres”. Imaginez si Bogie (si quelqu’un peut me dire dire ce que veud dire Bogie ??) étaient cantonnés à jouer des rôles de gangsters, ou si Clint Eastwood avait été lui aussi enfermé dans des westerns. Drôle, oui, mais nous aurions surement manqué quelque chose.
Donnez à ce vin une chance de grandir (une chance de vous prouver que c’est un grand vin
). ”
Pas grand chose à rajouter, ah si… perso, je préfère le millésime 2007 chez Michel mais c’est juste un avis…


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